Nous tenons ici à remercier One Drop Magazine pour leur soutien et leur travail.

Une chronique du film est en ligne avec les interviews des artistes et leurs réactions face au film

===> http://www.onedropmagazine.com/277.html

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Reggaescape about us

1/ Bonjour pouvez-vous vous présenter et nous dire un peu qui vous êtes ?

Bonjour One Drop,

Je m’appelle Tom Caruana, j’ai 25 ans et je suis technicien son. Mon amour pour le reggae m’a poussé à travailler avec Antoine Alazard (Rastonio) et ensemble nous avons créé chez lui le studio/label Reggaescape. A 23 ans en 2012, nous sommes partis aux îles Vierges avec une caméra et un micro pour filmer l’île, enregistrer des dubplates mais surtout profiter, voyager et se nourrir l’esprit.

 

2/ Comment est venue cette idée de documentaire sur les VI ?

Nous avions le projet de partir dans les caraïbes mais nous ne savions pas encore où. Comme beaucoup dans le monde, nous avons été interpellés par la petite l’île de St Croix grâce au travail de Vaughn Benjamin (Midnite), Dezarie, Tippy I Grade etc…  Pour être franc, cette découverte je la dois à mon père, c’est lui qui m’a montré le chemin en me faisant découvrir midnite et en me disant un jour “Mais pourquoi la Jamaïque ? Va plutôt aux îles Vierges !”.

 

3/ Comment avez-vous procédé pour la réalisation (contacts, durée sur place, etc…) ?

Nous n’avions aucun contact, on a pris nos billets et un visa de 3 mois, on a réservé une chambre d’hôtel pour 3 nuits et on s’est retrouvé dans Freedom City à l’Ouest de l’île, “la ville ou le feu brûle” (faya burn city). Pour être honnête, les premières semaines n’ont pas été faciles et les rencontres ne furent pas tendres non plus mais ça, c’est comme partout. Il faut du temps pour sentir le lieu, les gens et leurs intentions et c’est en se faisant discrets et en supportant le marché local que les bonnes personnes se sont intéressées à nous.

C’est au bout d’un mois que nous avons sorti la caméra et le micro pour la première fois avec Fiyah. Fiyah I Selah est un jeune Cruzan qui travaillait au Natural Sip dans Frederiskted. Il nous disait humblement qu’il ne chantait pas, qu’il faisait juste un peu de Rap conscient mais qu’il voulait bien essayer. Je lui ai donc glissé un riddim fait maison qu’il a aussitôt Mash up… On a filmé la prise de son et mis ce clip sur internet et c’est comme ça que tout a commencé (https://www.youtube.com/watch?v=1hzWIyQ1RPk). Très vite la vidéo a fait le tour de l’île et nous a permis de montrer aux gens notre travail et nos réelles intentions.

 

4/ Comment étaient les conditions de travail ?

Tout s’est fait au feeling. C’est délicat de pointer une caméra sur quelqu’un, encore plus quand tu es étranger et surtout dans un endroit comme St Croix au fort passé colonial et où la violence se fait sentir à chaque coin de rue. Mais une fois les présentations faites nous avons rencontré beaucoup d’amour et découvert une communauté musicale unie qui s’organise autour de la musique et de l’agriculture pour lutter ensemble contre leur gouvernement.

 

5/ Avez-vous fait des repérages avant le tournage ?

Nous n’avons fait aucun repérage, mais en réalité ça n’avait rien d’un “tournage”, on était juste deux voyageurs avec du temps et plein de questions. Nous savions rarement où nous allions ni ce qu’on allait vraiment y faire mais la pluspart du temps on savait qu’on était avec des gens bien alors peu importe.

 

6/ Quels types de matériels avez-vous utilisés ?

Tonio filmait avec un appareil photo Canon 5D Mark II et j’ai enregistré la musique sur un ordinateur avec un micro SM58 et un autre micro à lampes qui marchait à moitié, autrement dit nous n’étions pas préparés à tourner un documentaire… Ce n’est qu’au bout d’un mois et demi de vie sur place et au fur et à mesure des rencontres que l’idée du documentaire est apparue et s’est concrétisée. Nous avons donc entrepris des interviews, filmé nos rencontres et tenté d’enregistrer suffisamment de morceaux sur mes productions pour pouvoir constituer la bande son d’un film.

 

 7/ Qu’avez-vous souhaité montrer à travers ce documentaire ?

Ce documentaire est la voix du peuple, ceux qui s’organisent de façon constructive & positive pour survivre et se faire entendre. J’ai d’abord fait ce documentaire pour les gens là bas. Quand on voyage l’échange se fait souvent dans un sens, je tenais à ce qu’ils aient un retour. Et puis je me dois de le partager parce qu’en ces temps de luttes et de confusions il est bon de se rappeler de certaines choses simples et essentielles de la vie. Il y a de très bonnes vibrations dans ces 68 minutes, beaucoup d’amour, ça peut faire du bien à tout le monde et je suis très fier de ça parce que c’est plus que de la musique, ou des artistes et leurs albums … C’est de la culture et un raisonnement sur la vie. Je l’ai fait pour ceux qui comme moi on était frappés à des milliers de kilomètres par la musique des Îles Vierges et qui voudraient en savoir plus. Je l’ai aussi fait pour tous les touristes qui viennent mais qui ne voient rien de St Croix (plus de 20 000 tous les ans arrivent par bateau et consomment les mêmes produits aux mêmes endroits chez les mêmes personnes). Je ne blâme personne parce que c’est le gouvernement qui veut ça et qui n’encourage que ce tourisme là. Seigo, très impliqué dans la communauté nous confie dans le film : “La culture ici est sur le point de disparaître et c’est le Rastaman qui en est le gardien. Tout irait mieux ici si on s’engageait à développer notre agriculture et à nous présenter sur les marchés internationaux comme une destination culturelle, une destination d’éco-tourisme, de santé et de musique spirituelle.  C’est ce que nous avons à faire afin que les gens d’ici puissent s’émanciper de la domination mondiale et de la pauvreté.” Ce film est ma façon à moi de participer à cette mission. Selah

(Seigo  : “The culture there is in verge of extinction, it’s the Rastaman that holding it tight…..These things will be stabilized if we was to develop our agriculture and market ourselves to the world, as a health destination, as a ecotourism destination, as a spiritual music destination, as a cultural music destination. This is the things we need to do in order for the indigenous man to benefit, from world domination and poverty!”)

 

8/ Comment les artistes ont-ils réagi à votre projet et quelles ont été leurs implications ?

Nous n’étions pas les premiers, on nous a dit que certains étaient venus prendre des notes, des photos et de la musique. Quand on y va s’est bien mais quand on revient c’est encore mieux et à mon retour ils ont été très surpris et m’ont donné beaucoup de force. Certains ne se doutaient même pas qu’ils étaient dans un documentaire. Et ce n’est qu’en voyant leur réaction face au film que j’ai eu la certitude que mon travail avait sa part d’importance. Sinon dans l’ensemble, les artistes ont vu que nous étions sérieux et que nous n’étions pas venus là deux semaines pour faire bronzette. Ils ont donc fait preuve de beaucoup de générosité et de sincérité, c’est à eux qu’on doit ce film.

 

9/ Avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Je me rappelle de notre premier rendez-vous avec Junior P, on devait filmer au boddhoe park mais il avait fermé sa voiture à clef avec les clefs à l’intérieur… On est donc partis chez lui en bus pour chercher un double et avons fait la rencontre de sa famille. Une fois le double en poche, Mister P nous a dit : “on va faire du stop pour rentrer” et c’est au bord de Queen Mary Highway qu’on a rencontré l’extraordinaire Mada Nile accompagnée de l’humble Spla’IJah.

 

10/ Quel est votre meilleur souvenir ?

On a vécu de très bons moments à St Croix avec chacun des artistes et la rencontre avec Vaughn Benjamin fut une grande leçon d’humilité. Mais je crois que le plus grand bonheur c’est celui de rentrer safe à la Yard avec mon frère Rastonio, bénis par les vibes de la journée et impatients de découvrir les images. Là il se passe de grandes choses !

 

11/ Qui est Reggaescape et qui produit ce dvd ?

Comme je t’ai dit à la base Reggaescape c’est deux amis passionnés de musique. A 18 ans on avait notre studio, on faisait des dubs, des riddims, on chantait on aime ça depuis tout jeune. Pour ce projet Tonio était le caméraman pendant que j’enregistrais le son. Après ces deux mois et demi à St Croix, je me suis investi personnellement pendant 2 ans pour dé-rucher, monter, composer, mixer la musique, réaliser et produire ce documentaire de 68 minutes. Une fois le film fini, j’ai confié la traduction française à Fabyah, un ami activiste de la région qui produit de la musique sous le nom de Amoul Bayi records, tu as sans doute entendu le magnifique “Bamba” de la chanteuse Daba Makourejah ?

Mes parents ont fait l’incrustation des sous titres, big up à eux !

 

12/ Comment va être distribué ce dvd et quand sera t’il disponible ?

Le dvd est disponible en ligne sur www.escapetostcroix.fr & I Grade records distribue le film aux Îles Vierges

Merci pour cet échange et pour votre temps. Blessed Love ONE DROPMAGAZINE

 

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“Rockers Dem a Play” nous offre une émission spécial VI (Virgin Islands) pour la sortie du DVD “Escape to St-Croix”.

Righteous waves sound

== > http://www.talawa.fr/media#/rockers-dem-a-play-a2NmQ

Au menu, présentation de ce documentaire réalisé dans les îles vierges US, sur la culture, l’histoire, la musique et le mouvement Rastafari de l’île ainsi qu’une sélection musicale préparé par Hévy et Fox/Gideon Sound présentant quelques artistes locaux.
+ en exclusivité un bel interview du réalisateur Tom Caruana, qui nous délivre l’histoire de ce dvd et le message universel qu’il comporte.

About Reggaescape

From France to St Croix, Reggaescape spread the music & the culture of the Virgin Islands.
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